Il n'y a pas de désespoire plus absolu que celui qu'on rencontre lors des premiers instants de nos premières grandes peines, quand on n'a pas encore connu ce que c'est de souffrir et guérrir, d'être désespéré et de s'en remettre.
Chut ! Mon chagrin, tais-toi un moment,
une seconde seulement que je puisse reprendre mon souffle
Le cours de ma simple vie, meurtri que je suis !
A jamais je l'ai perdu, peut-être... Ô Seigneur !
Qu'il était difficile de lui dire "Adieu"
De laisser sa main quitter la mienne.
Je l'aime tellement que cela me blesse, me brise et m'écorche.
Chut ! Ma douleur ! Calme-toi, tais-toi juste là !
Ce soir ne laisse pas couler les larmes du bord de mes yeux.
Mon coeur implose et supplie de l'entendre
Entendre encore celui qu'il aime battre à son oreille.
Mon souffle expire puis se coupe dans ma poitrine.
Ma gorge crie des mots d'amour qu'elle ne connaissait pas hier encore.
"Attends ! Pas encore ! Reviens ! Reste ! Dis-moi que tu m'aimes !
Je t'en prie ! Prends moi dans tes bras ! Garde-moi ! Parle-moi !
Donne moi ton air qu'enfin je respire ! Je t'aime !"
Chut ! Ma peine, mon âme meurtrie !
Bercez vous ce soir, enlacez-vous...
Mes larmes de mes yeux finissent par déborder
Inondent mes lèvres pleines de ces mots,
De ces mots jamais prononcés.